Comité contre l'impunité au Guatemala
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Déclaration publique

Violence au Guatemala


Nous, guatémaltèques et amis du Guatemala au Canada, sommes préoccupé par la situation d'insécurité et de violence qui fait rage au Guatemala. Nous nous unissons à l'indignation générale du peuple guatémaltèque qui dit NON au génocide et NON à l'impunité.

Nous manifestons ainsi notre refus total à la candidature du général Efraín Rios Montt, accusé de génocide et qui, par des moyens complètement illégitimes et anti-démocratiques, se présente comme candidat à la présidence sans respecter les lois constitutionnelles du pays qui devraient empêcher sa participation.

C'est avec horreur et tristesse que nous nous souvenons des centaines de milliers d'innocentes victimes d'un passé cruel. La majorité des massacres commis, des génocides, des violations, des exécutions extra-judiciaires, de la persécution, de la torture, des cimetières clandestins et du contrôle militaire des populations autochtones, ont fait partie de la politique de terreur et de " terre brûlée " dirigée par le général Ríos Montt durant sa dictature.

Ce magnifique pays multilingue et multiculturel ne mérite pas d'être à nouveau manipulé par les militaires au pouvoir. Il mérite plutôt de voir la lumière de la paix et la justice.

Nous faisons un appel à l'opinion publique nationale et internationale, aux organismes de droits humains, aux gouvernements démocratiques du monde et spécialement au gouvernement du Canada, pour qu'ils manifestent leur opposition à la candidature de Rios Montt. Nous demandons aussi qu'un tribunal pénal international soit formée afin que cet assassin soit porté en justice puisqu'au Guatemala, la justice demeure paralysée.

Comité contre l'impunité
Montreal, Août 2003


Contexte

Les années de violence sous Rios Montt

Rios MonttC'est en 1982 que Efrain Rios Montt prend le pouvoir par un coup d'État. Il est alors soutenu par le président américain Ronald Reagan.

Il amplifie une campagne militaire d'une extrême violence où il consolide les PAC (Patrouilles d'auto défense civile). Ce sont ces mêmes PAC qui réaliseront les opérations de contrôle dans les villages ainsi que des centaines de massacres. Cette politique de violence, mieux connue sous le nom de " terre brûlée " a entraîné l'assassinat de plus de 15 000 personnes en l'espace de 17 mois.

70 000 guatémaltèques ont dû trouver refuge à l'extérieur du pays.

Selon la CEH (Commission d'éclaircissement historique) chargée d'enquêter sur les actes de violence commis pendant le conflit, 81% des violations des droits humains se sont produites entre 1982-1983. L'armée, qui était sous les ordres du gouvernement, est responsable de 85% des actes de violence.

La violence atteindra son paroxysme pendant les années de dictature de Rios Montt. Différents moyens de contrôle de la population et de terreur sont déployés : menaces, massacres collectifs, torture, disparitions forcées, exécutions extra judiciaires, agressions sexuelles etc. Tous ces moyens atteignent un sommet inégalé pendant ces quelques mois.

Ríos Montt se voit donc accusé de génocide par de nombreuses instances,. Ce n'est pourtant pas la première fois qu'il tente de présenter sa candidature, deux fois déjà, il s'est vu refuser l'accès à la course électorale : en 1990, 1995 et en 1999. Il est tout de même à un poste de pouvoir important puisqu'il est Président du congrès et exerce une forte influence au sein du FRG.

Depuis l'arrivée au pouvoir du FRG en 2000, la situation des droits humains au Guatemala n'a cessé de se dégrader. Les défenseurs des droits humains sont de plus en plus souvent la cible de menaces et d'actes d'intimidation. À titre d'exemple, plus de 103 juges et procureurs ont été l'objet de menaces en 2002. Le GAM (Groupe d'appui mutuel) recense 1946 violations en 2000, 2127 en 2001 et 5326 en 2003. Ces violations sont de différents types : exécutions extra judiciaires, assassinats, cas de tortures, enlèvements etc. Aucune mesure efficace et cohérente ne semble être prise afin de lutter contre cette violence et contre l'impunité.

La présence de Ríos Montt au sein du gouvernement met en péril l'État de droit et la démocratie guatémaltèque.

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